dimanche 17 septembre 2017

Le Quatrième mur, de Sorj Chalandon : note de lecture

Le Quatrième Mur couv

 

 

Le Quatrième mur, de Sorj Chalandon :

note de lecture

 

J'ai lu Le Quatrième mur (2013) de Sorj Chalandon ce week end.
Le parcours de desesperado d'un militant d'extrême-gauche entre la fin des années 1970 et le début des années 1980, avec la guerre du Liban en toile de fond.
Chargé par son ami mourant, juif grec rescapé de la lutte contre les Colonels, d'accomplir le projet de monter "Antigone" d'Anouilh à Beyrouth, sur la "ligne verte", avec des comédiens issus de tous les factions libanaises en guerre, le "héros", Georges, voit sa vie et ses certitudes vaciller.
La guerre ne tue pas immédiatement, elle métamorphose ses protagonistes et les fait se découvrir les uns les autres.
Avec ce livre, Sorj Chalandon passe du reportage de guerre à la littérature de guerre. Style incisif et très imagé. Avec les identifications multiples qu'autorise "Antigone" pour chaque "camp".
Jusqu'à Georges, à la fois Antigone (quand il couvre Iman la palestinienne martyrisée à Sabra de la terre prélevée en "Palestine") et Œdipe (quand il est blessé aux yeux).
Que peut le théâtre face à la guerre ?

Michel Renard

 

La+ligne+verte,+Beyrouth,+1982+1846
la "ligne verte", no man's land séparant les quartiers chrétiens et musulmans
à Beyrouth pendant la guerre

 

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dimanche 10 septembre 2017

La Serpe, de Philippe Jaeanada, août 2017

La serpe couv

 

 

La Serpe, de Philippe Jaeanada

 

 

J’ai lu ce week end La Serpe de Philippe Jaenada. C’est l’histoire d’Henri Girard, connu plus tard sous le nom de Georges Arnaud («Le salaire de la peur», 1950), qui a défrayé la chronique en octobre 1941.

Dans la nuit du 24 au 25 de ce mois, il se trouve dans le château familial d’Escoire (Dordogne) et découvre au matin les corps morts et terriblement ensanglantés de son père, de sa tante et de la bonne. De la chambre où il était, il n’a pu entendre le moindre bruit du carnage nocturne. Mais il est rapidement considéré comme suspect puis comme le seul meurtrier possible. La serpe est l'arme du massacre.

Emprisonné durant dix-neuf mois, son procès, qui s’annonçait comme perdu d’avance, se déroule en mai 1943. Grâce à la plaidoirie de Maurice Garçon (le Dupont-Moretti de l’époque), non seulement il sauve sa tête mais est acquitté !
Toute sa vie est racontée, au terme d’une très habile construction de l’intrigue et au bout de 288 pages. On se demande ce que l’auteur va raconter ensuite jusqu’à la page 634… ?!

Eh bien, Philippe Jaenada va tout démonter, toutes les invraisemblances de l’instruction, toutes les pistes abandonnées, tous les partis-pris et les couardises des magistrats et de la police, toute la fainéantise des institutions. Il accède au dossier des archives, enfin communicable, aux archives départementales de Périgueux.

Et on ne lâche pas le livre. Car si ce n’est pas Henri Girard l’auteur du triple meurtre d’Escoire, qui est l’assassin ? Jaenada propose une hypothèse, très étayée, dont la probabilité approche la certitude. Passionnant, malgré l’irritation que m’a causé, au début du livre surtout, le style de l’auteur avec ses incises narcissiques - mais elles diminuent au cours du récit. Une enquête gigantesque. Magnifique.

Michel Renard

 

La Serpe, de Philippe Jaeanada, Julliard, août 2017 

 

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le château d'Escoire

 

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la rotonde du château d'Escoire

 

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Henri Girard (Georges Arnaud)

 

 

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