Sao Tiampa couv (2)

 

 

 

Gaston Strarbach (1881-1964)

poète

 

 

Gaston Strarbach (1881-1964) est un poète et écrivain français. Auteur oublié de plus d'une dizaine de recueils poétiques, mais aussi d'études et de récits, son oeuvre est quasiment introuvable aujourd'hui à l'exception de Sao Tiampa, épouse laotienne.

Ce n'est pas un "grand" poète. Mais il est un témoin de l'amour de la langue qui pouvait animer un clerc de notaire de province au début du siècle précédent.
Par ailleurs, son roman Sao Tiampa, épouse laotienne (1912) résonne de nos controverses actuelles sur le "vivre-ensemble", même s'il s'agit là d'une colonie d'Asie.

 

Biographie 

Auguste Sylvain Gaston Strarbach est né le 16 décembre 1881 à Valay (Haute-Saône). Il est le fils de Jean Baptiste Auguste Strarbach, notaire à Valay, âgé de vingt-six ans ; et de Marie Joséphine Sylvie Grandjean, son épouse, âgée de vingt ans (1).

Il fait ses études à l'Institution Sainte-Marie à Besançon (2). Gaston Strarbach semble bénéficier d'une certaine considération parmi ses condisciples car ceux-ci le désignent comme major de promotion, en 1899, pour entretenir le lien entre leur génération et l'Association amicale des anciens élèves de l'institution (3). Il est reçu bachelier, section philosophie, en juillet 1899 (3).

 

institution Saint-Jean (1)
l'institution Saint-Jean a remplacé l'institution Sainte-Marie (1838-1903)
à Besançon, dans les mêmes bâtiments

 

institution Saint-Jean (2)
au fond, les bâtiments de l'ancienne institution Sainte-Marie
où Gaston Strarbach étudia jusqu'au baccalauréat

 

Au moment de son recensement, en 1901, il déclare qu'il est "homme de lettres", ce qui semble quelque peu présomptueux car il n'a encore rien publié de notable. Il est déclaré "bon" pour le service mais "dispensé" en tant qu'étudiant en droit (4).

Grâce à sa fiche de matricule militaire qui le domicilie à Dijon en 1901, on peut vraisemblablement supposer qu'il a effectué ses études de droit dans cette ville.

Le 14 novembre 1902, il part pour le 21e régiment d'Infanterie à Langres et est déclaré réformé pour cause d'astygmatisme miopique le 26 décembre de la même année (4).

 

Strarbach matricule militaire (1)
fiche matricule militaire de Gaston Strarbach

 

caserne Turenne cpa 1902    caserne Turenne 21e rgt Infanterie
caserne du 21 régiment d'Infanterie à Langres : Strarbach y séjourne quelques semaines fin 1902

 

En 1909, Gaston Strarbach est signalé comme critique et chroniqueur à La Presse Grayloise, hebdomadaire de l'arrondissement de Gray (5).

Au recensement de 1911, on repère la famille Strarbach résidant place Fénélon (ancienne place du Mont-Ruchot) à Valay. Gaston Strarbach y figure sous le prénom de Sylvain et avec la profession de clerc de notaire. Après ses études de droit, il a donc travaillé avec son père.

Ce qui est confirmé par le recensement de 1921 : Gaston apparaît comme "aide notaire" dont le patron est son père.

 

recensement 1911 famille Strarbach
la famille Strarbach au recensement de 1911 de la commune de Valay (Haute-Saône)

 

recensement 1921 famille Strarbach
la famille Strarbach au recensement de 1921 de la commune de Valay (Haute-Saône)

 

Valay Mont-Ruchot
Valay, place du Mont-Ruchot (devenue place Fénelon)

 

Valay place Fénelon
Valay, place Fénelon, où habite la famille Strarbach

Déclaré apte au service auxiliaire, il est rappelé à l'activité militaire et affecté au 21e régiment d'Infanterie de Langres en février 1915. Il passe alors dans la 24e section d'infirmiers militaires. Il est caporal le 7 août 1915, et sergent le 8 septembre 1916 (4).

En 1915, L'Intransigeant informe que Gaston Strarbach est infirmier major à l'hôpital temporaire n° 4, à Gray (Haute-Saône) (6). Il reste sous les drapeaux jusqu'au début mars 1919 (4).

Gray hôpital temporaire
Gray comptait plusieurs hôpitaux temporaires ; celui-ci est le n° 5

 

Le 25 janvier 1927, tout en habitant à Valay, il se marie à Saint-Mandé (actuel département du Val-de-Marne) avec Marie Madeleine Chamblant, née en 1892 (1) et (17). Il divorce le 26 novembre 1935, à Gray (Haute-Saône) (17).

En 1933, Gaston Strarbach habite à Paris, au 91 rue Monceau (VIIe arrondissement) (7). À la fin de sa vie, il revient dans son village natal de Valay.

Gaston Strarbach meurt à Valay (Haute-Saône) le 5 mars 1964, à l'âge de quatre-vingt-deux ans.

Il a appartenu et a présidé le groupe littéraire "La Jeune Comté", fondé à Besançon en 1909 par Marcel André (1891-1909).

 

acte naissance Strarbach
acte de naissance de Gaston Strarbach, 16 décembre 1881 (arch. dép. de la Haute-Saône)

 

 

L'œuvre littéraire

Pour l'essentiel, l'œuvre littéraire de Gaston Strarbach occupe un quart de siècle, de 1903 à 1928. Ses publications sont aujourd'hui presque inaccessibles. La BnF les conserve mais n'en propose aucune sur Gallica.

 

Le dernier Lied de Hans Romer  (1906)  

- Revue Moderne des arts et de la vie (10 avril 1908) : "L'aimable écrivain Gaston Strarbach donne à ses confrères un pieux exemple d'amitié en éditant à ses frais le Dernier Lied de Hans Romer, jeune poète allemand mort à Paris. M. Gaston Strarbach s'excuse en quelques mots de préface de donner une trop imparfaite traduction française de l'œuvre de son ami. Ce lied, ainsi traduit, nous semble les remarquables prémices d'un talent qui, hélas ! aurait î être grand" (8).

 

Sao Tiampa, épouse laotienne  (1912) 

- Gil Blas : "Sao Tiampa, épouse laotienne, tel est le titre du roman que M. Strarbach-Baudenne fait paraître chez Bernard Grasset. C'est une histoire d'amour dans le décor attrayant d'un pays peu connu : le Laos. L'auteur y dépeint la petite Sao Tiampa, la reine des boun [fête]. Mais de même que les légendes sacrées et les ruines des vieux temples asiatiques gardent leur mystère, la p'hu sao [jeune fille non mariée] ne livre pas son secret.
Le roman oppose notre civilisation aux coutumes rustiques des indgènes. Il soulève parfois les plus complexes problèmes de la vie et de l'administration coloniale" (9).

- L'Intransigeant : "Que de romans l'on a commis en votre nom, Pierre Loti ! Celui-ci se passe au Laos, il est farci de termes et de phrases laotiennes (sans doute pour la couleur locale), mais n'est point déplaisant.
Vébaud épouse Tiampa pour mieux connaître les mœurs du pays qu'il habite. Un autre aurait lu les romans de M. Ajalbert. Enfin... Vébaud, d'ailleurs, est trompé par sa femme laotienne comme il l'eût été en France. Ce sont toujours les mêmes qui se font tuer, a-t-on dit.
Vébaud quittera Tiampa, réfléchissant qu'il est impossible aux gens des différentes races de se comprendre (thème connu), mais pas avant que son ex-épouse lui ait fait tenir une lettre lettre d'adieu, écrite, semble-t-il, par une poétesse moderne qui s'essayerait à la psychologie" (10).

- Gaston de Pawlowski dans Comœdia :"Le jeune Lionet Vébaud, enthousiasmé par les récits d'un sien cousin qui avait fait la campagne du Tonkin, résolut d'entrer à l'école coloniale, où il fit des études très sérieuses. Nommé résident au Laos, après avoir remonté le Mékong, il s'installa dans sa sala, sorte de cahute montée sur pilotis, où le village vint lui rendre les honneurs. Il remarqua tout aussitôt une jeune laotienne et en devint éperdument amoureux. Il confia sa passion à son domestique, et, une heure plus tard, tout le village, enchanté, conduisait processionnellement sa petite reine, Sao Tiampa (Madame Fleur de Frangipanier), vers le Français qui l'honorait de son choix et qui, sans hésitation, promit de verser les cent piastres que réclamait la mère.
Vébaud s'éprit follement de cette fille d'Asie. Il devint sa chose. Quant à Sao-Tiampa, elle se montrait fougueuse, lascive, et engendrait le désordre autour d'elle. Vébaud, mis en garde par les conseils d'un collègue, surprit un jour une conversation entre deux de ses compatriotes. Il apprit ainsi que la belle Tiampa le trompait avec n'importe qui, même avec ses boys. Vébaud, au désespoir, demanda un congé et l'obtint, et, peu après, il abandonna Tiampa, qui se traîna à ses genoux en lui disant : «Vous étiez triste, plus triste que la lande assoiffée sous la brûlure du soleil blanc. Jeune, vous me faisiez l'effet d'être veux et maussade. Croyez-moi, sans le vouloir, vous m'avez oppressée»" (11).

- Le Journal : "Le Mariage de Loti et les Petites épouses [Myriam Harry, 1902] montraient déjà que les unions réalisées sous d'autres climats entre Européens et indigènes sont cruellement imparfaites. Ces petites femmes jaunes ou noires, Jocondes de la brousse, nymphes bronzées, demeurent énigmatiques. Ce sont des ennemies soumises ; et malheur à celui qui leur accorde plus d'attachement qu'il ne convient. M. Strarbach-Baudenne nous répète ces tristes histoires d'Européens déçus. Et il n'a pas laissé échapper une occasion de nous décrire une fête, une cérémonie, une scène de mœurs, avec un louable souci de documentation" (12).

Sao Tiampa couv (2)

 

Jongleries pour des belles de keepsake  (1924)

"C'est un aimable recueil de sonnets «libertins», c'est-à-dire irréguliers. Mais leur irrégularité est voulue et combinée pour produire d'heureux effets de surprise et de variété. Véritable jeu d'adresse et jonglerie poétique qui ne saurait nous déplaire : il y a donc encore des poètes qui se piquent d'être adroits ? Ajoutons que la fantaisie prosodique et la fantaisie vont ici de pair fort heureusement, et qu'en de petits poèmes d'une forme à la fois espiègle et précise, apparaissent les visages des belles de keepsake finement dessinés" (13).

* keepsake

 

Les Perles mortes  (1928)

"Poésie parfois amoureuse, le plus souvent descriptive, sans surprise mais non sans saveur :
La beauté me commande et la laideur m'irrite
On ne remonte pas un destin avéré.
Phalène chaque soir par la lampe attiré,
Je renouvelle Faust auprès de Marguerite.
Mais cette citation suffira-t-elle à marquer à la fois l'accent et les limites d'un art et d'une sensibilité ?" (14)

 

L'Ombre fervente couv    Les Perles mortes couv

 

Publications

  • Heures grises, heures roses, Gray, 1903.
  • L'Amour ne suffit pas, fantaisie rythmée en 1 acte et 2 tableaux, C. Amat, 1904.
  • Les Fleurs qui passent, 16 compositions de Charles Ducat, C. Amat, 1904.
  • Le Dernier Lied de Hans Romer, Gray, 1906.
  • La Belle aux cheveux d'or, roman, éditions de la "Femme contemporaine", 1907.
  • L'Ivresse des heures, Gray, 1910
  • Vers et calvaires, avec une prose de Henry Cormeau, 1904-1907, Gray, 1910.
  • Les Jeunes Poètes comtois, textes choisis, accompagnés de notices biographiques et bibliographiques (avec Léon Roy, Marc Liovet, Léon Monnier et Maurice Mérillot).
  • Le Portrait de Colombine, pantomime rimée en 1 acte (avec Louis Perrey), E. Figuière, 1911.
  • La Ruée, moeurs contemporaines, E. Figuière, 1912.
  • Sao Tiampa épouse laotienne, avec Antonin Baudenne, Paris, Grasset, 1912 (rééd. Kailash, 1997).
  • Le Temple abandonné, 1907-1910, E. Figuière, 1912.
  • La Revanche de Pierrot, comédie en 1 acte, en vers, E. Figuière, 1913.
  • L'Ombre fervente, G. Crès, 1921.
  • "Étude sur André Foulon de Vaux", Revue Contemporaine, avril 1921.
  • Jongleries pour des belles de keepsake, les Gémeaux, 1924.
  • Petit Chou, 1924.
  • Les Perles mortes, poèmes, 1913-1923, éd. Picard, 1928.
  • Nouvelles jongleries pour des belles de keepsake, avec un sonnet de Charles Grandmougin, les Gémeaux, 1949.
  • Les Perles mortes, 1928.
  • La Soif et les Mirages, date ?

 

Sao Tiampa couv (1)

 

 

 

Bibliographie

O. Chevalier, Un poète des Gaudes : Gaston Strarbach (1881-1964), Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Besançon, 1980 (?).

 

Poèmes

sonnet

À ma sœur lointaine

Dans la cité mortelle au cœur de l'exilé
Elle va son chemin sans détourner la tête,
Et lorsque son regard sur quelque objet s'arrête,
Il semble qu'il y mette un reflet de beauté.

Mais son front plus souvent de dégoût s'est voilé :
Car chaque jour révèle à son âme inquiète
Les hideurs de la foule et ses gestes de bête.
Sa débauche grossière et sa fausse gaieté.

L'Helvétienne soupire après le temps béni
Qui lui rendra la paix de ses chères vallées
Et le poème alpestre aux blancheurs d'azalées.

Je rêve de candeurs, ainsi que toi, Lùggi :
Mais en vain, comme toi, j'évoque à la fenêtre
Un pays de chimère où l'honneur serait maître !

Gaston Strarbach (15)

 

sonnet

Madame, il m'en souvient — était-ce l'Opéra? —
Ce soir mettait en vous sa tristesse royale
Et du Tannhauser la marche triomphale.
Ne parvenait pas à dissiper cet air las.

Non loin de vous, dans l'ombre, écoutant le fracas
Harmonieux, je vis qu'une main géniale.
Coquette, avait au coin de votre tempe pâle
Parmi vos cheveux bruns fait neiger les frimas.

Si belle vous étiez, que tout votre entourage
Disparaissait devant la résurrection
Mystérieuse en vous des beautés d'un autre âge.

Et qu'il me sembla voir, raillant ce siècle ladre,
Sur le velours grenat de la loge pour fond
Un pastel de Latour descendu de son cadre

Gaston Strarbach (15)

 

sonnet

L'onde des baisers

Baisers légers et pourtant vastes,
Baisers de père ou bien de sœur
Qui montez aux lèvres du cœur,
Volez, volez sur les fronts chastes !

Baisers guettés aux nuques frêles,
Baisers furtifs, baisers ardents,
Très ingénus ou provoquants,
Volez, volez à tire d'ailes !

Baisers d'un soir des vierges folles,
Fleurs de luxure et fleurs de chair,
Dans les parfums, dans le ciel clair,
Volez, volez en farandoles !

Baisers pillés aux ondes rousses,
Ô vous qu'un doux rêve enfanta,
Baisers d'amour et de Judas,
Volez, volez en plaintes douces !

Baisers hideux quêtés aux bouges
Parmi le vin et ses hoquets.
Envolez-vous, et qu'à jamais
Disparaissent vos spectres rouges !

Et vous, baisers aux lèvres closes
Des êtres qui nous furent chers
Baisers d'âmes et non de chairs,
Volez vers les métempsychoses !

Gaston Strarbach (15)

 

La Pendule Louis-Seize

à Albert Hennequin

C'est le temps désuet, un rien maniéré,
Des Trianons et des jardins à la française
Que fait revivre la pendule Louis-Seize
Toute de marbre clair et de bronze doré

Sur ses frêles piliers et son socle carré,
La belle Sylvanire à la bouche de fraise
Tend la main à Léandre amoureux qui la baise
Et prolonge à dessein ce geste désiré.

Lesté du poids jumeau de piles de mercure,
Le balancier, très fier d'être "compensateur"
Soucieux à l'excès d'une conscience pure,

Maudit le seul tyran qu'on ne peut déposer
Et redouble un tic tac aux savantes lenteurs
Pour qu'on n'entende point le bruit de ce baiser.

Gaston Strarbach
La Brise, littérature, art, histoire
Brive, janvier 1913, p. 260.

 

 

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Notes

1 - Registre d'état civil de la commune de Valay, archives départementales de la Haute-Saône.

2 - L'institution Sainte-Marie fut créée en 1838 par l'abbé Denizot les Frères de Marie. En 1840, elle s'installa au n° 4 de la place Saint-Jean (actuel square Castan, nommé ainsi en 1898). Elle dut quitter les lieux en 1903 quand les marianistes furent interdits d'enseigner. C'est l'institution Saint-Jean qui occupa alors les locaux du square Castan. En 1981, ces bâtiments furent acquis par le conseil régional de France-Comté.
Cf. "L’Institution Saint-Jean : un peu d’histoire", Les Anciens de Saint Jean-Notre Dame (Besançon).

3 - Cf. Notes et souvenirs, Institution Sainte-Marie de Besançon, éd. Bossanne, Besançon, 1899.

4 - Registre matricule militaire, archives départementales de la Haute-Saône.

5 - Cf. Annuaire de la presse française et étrangère et du monde politique, 1909, p. 230.

6 -  Cf. L'Intransigeant, 7 mai 1915.

7 - Cf. Annuaire général des lettres, 1933, p. 1157.

8 - Revue Moderne des arts et de la vie, 10 avril 1908.

9 - L'Intransigeant, 24 septembre 1912.

10 - Gil Blas, 8 septembre 1912.

11 - Gaston de Pawlowski, Comœdia, 15 décembre 1912.

12 - Cf. Le Journal, 7 janvier 1913.

13 - Nos poètes : revue mensuelle illustrée, directeur Maxime Formont, 15 janvier 1925.

14 - L'Intransigeant, 17 août 1929.

15 - Bulletin de la Société grayloise d'émulation, imprimerie et lithograpghie de Gilbert Roux, Gary, 1905.

17 - Mention marginale de l'acte de mariage, registre d'état civil de Saint-Mandé (25 janvier 1927).

 

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Documents

 

institution Saint-Jean (3)
la chapelle de l'Institution Sainte-Marie (devenue Saint-Jean), à Besançon

 

place Saint-Jean recensement 1896
extrait du recensement de 1896 à Besançon : au n° 4 de la place Saint-Jean, l'établissement de Sainte-Marie

 

Strarbach monument Valay

 

Michel Renard
professeur d'histoire

 

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